Street cams : quand les petites caméras changent notre façon de filmer

Il y a encore quelques années, filmer une scène de rue, une session de graffiti, une balade ou simplement un moment de vie demandait souvent de sortir son téléphone ou de tenir une caméra.

Puis les caméras d’action ont commencé à devenir vraiment petites.

Pas seulement plus compactes : assez petites pour être portées, fixées presque n’importe où et parfois complètement oubliées.

Et depuis, les formats se multiplient : mini-caméras aimantées, caméras 360°, gimbals de poche, caméras capables de suivre seules un sujet et même systèmes pouvant prendre leur envol.

Le plus intéressant n’est peut-être plus seulement la qualité de l’image. C’est l’endroit où l’on peut placer la caméra.

GO 2 : une caméra tellement petite qu’on pouvait l’oublier

Lorsque l’Insta360 GO 2 est arrivée, son concept avait quelque chose d’assez étonnant.

La caméra était minuscule. Son boîtier ressemblait presque à celui d’une paire d’écouteurs : on l’ouvrait, la petite caméra venait s’y loger et s’y rechargeait. Une fois détachée, elle pouvait fonctionner seule.

Elle pouvait être portée autour du cou avec un pendentif, installée sur une casquette, fixée sur une bretelle de sac ou aimantée sur différents supports. Son boîtier disposait même de petits pieds permettant de le poser et d’orienter la caméra tout en la laissant alimentée.

C’est ce format qui m’avait donné envie d’en utiliser une pour le graffiti.

Insta360 GO 3S

Pendant certaines sessions, je la portais autour du cou et l’avais réglée pour enregistrer de petites séquences d’environ quinze secondes. Un appui, quelques secondes de peinture, puis elle s’arrêtait. Plus tard, un autre appui.

À la fin, il suffisait d’assembler ces petits morceaux pour reconstruire une partie de la session. Enfin… à condition de ne pas oublier d’appuyer.

« Regarde, ça, c’est une caméra. »
« Quoi ? Le petit truc là ? »

Oui. Le petit truc.

Et c’était précisément ce qui la rendait intéressante.

GO Ultra : le même principe, quelques années plus tard

Quelques années après la GO 2, le principe de la mini-caméra portable est toujours là.

Insta360 GO Ultra officielle.
Insta360 GO Ultra — visuel officiel du fabricant.

Avec la GO Ultra, l’idée reste de disposer d’une caméra suffisamment petite pour être portée, aimantée ou placée à des endroits où un smartphone ou une caméra traditionnelle deviendraient encombrants.

Mais le concept a évolué : meilleure qualité d’image, davantage d’autonomie et surtout un écran permettant de contrôler beaucoup plus facilement ce que l’on filme sans dépendre constamment de son smartphone.

Pour filmer dans la rue ou pendant une activité, ce genre de détail compte parfois davantage qu’une ligne supplémentaire sur une fiche technique. La 4K est disponible, mais elle n’est pas forcément indispensable pour tous les usages. Une vidéo destinée aux réseaux sociaux ou à un petit montage peut parfaitement être tournée en 1080p, avec des fichiers beaucoup plus légers à manipuler.

La technologie progresse, mais le bon réglage reste celui adapté à ce qu’on veut réellement faire.

X5 : filmer d’abord, cadrer ensuite

Insta360 X5

Avec une caméra 360° comme l’Insta360 X5, la logique devient complètement différente.

La caméra ne regarde plus simplement devant elle : elle capture l’environnement tout autour. Le cadrage peut alors être décidé après l’enregistrement.

Pour une scène de rue, une balade, une session artistique ou un mouvement autour d’une œuvre, cela ouvre énormément de possibilités. Plus besoin de savoir exactement au moment de l’enregistrement quelle direction sera la plus intéressante.

Un même fichier peut permettre de regarder devant, derrière, sur le côté ou de créer des mouvements de caméra au montage.

Insta360 X6

La caméra ne sert donc plus seulement à enregistrer une image choisie à l’avance. Elle capture une scène dans laquelle on pourra ensuite aller chercher son point de vue.

Le gimbal de poche : faire bouger la caméra autrement

Luna Ultra

Un autre format se développe autour des petites caméras montées sur gimbal, comme la Luna Ultra.

Ici, l’objectif est différent. La stabilisation et le suivi permettent davantage de construire le mouvement : marcher dans une ville, suivre quelqu’un, se filmer seul, réaliser un vlog ou obtenir des plans fluides sans transporter une installation importante.

Ce n’est plus forcément la caméra que l’on oublie sur son vêtement. C’est une petite caméra avec laquelle le mouvement devient lui-même une partie de l’image.

Et si la caméra quittait complètement nos mains ?

HOVERAir VERSA

Avec des appareils comme le HOVERAir VERSA, une nouvelle frontière commence à apparaître.

Le principe est celui d’une petite caméra stabilisée utilisable à la main, mais pouvant également rejoindre un système de vol autonome. Autrement dit, le point de vue peut littéralement quitter la main de celui qui filme.

Pour quelqu’un qui travaille ou crée seul, l’idée est particulièrement intéressante : certaines images qui nécessitaient auparavant une seconde personne, beaucoup de matériel ou un véritable drone deviennent progressivement accessibles avec des appareils beaucoup plus compacts.

On passe alors de la caméra que l’on tient à celle que l’on porte, puis à celle qui peut nous suivre.

Pas besoin d’avoir cinq caméras dans son sac

Les modèles cités ici ne représentent évidemment pas tout ce qui existe.

Insta360 sert beaucoup de fil conducteur parce que la marque propose plusieurs de ces formats et que j’ai personnellement utilisé certains de ses appareils. Cet article n’est ni sponsorisé ni réalisé en partenariat avec la marque.

GoPro, DJI, HOVERAir et d’autres fabricants proposent leurs propres approches. Il existe également des solutions moins chères.

L’objectif n’est donc pas de désigner « la meilleure caméra », encore moins de conseiller d’acheter cinq appareils. Une mini-caméra permet de filmer les mains libres. Une 360° permet de choisir son cadrage après coup. Un gimbal facilite les mouvements et le suivi. Une caméra volante apporte encore un autre point de vue.

Le choix commence donc moins par « quelle caméra est la meilleure ? » que par « quelle image ai-je envie de faire ? ».

Et demain ?

Difficile de savoir jusqu’où ira cette miniaturisation.

Les caméras pourraient devenir encore plus petites, plus autonomes et capables de nous suivre sans que nous ayons réellement à nous en occuper.

Pourquoi pas, demain, un minuscule drone personnel qui nous accompagne pendant un moment, filme lorsque c’est nécessaire puis revient se poser au dos d’un smartphone ou sur un petit boîtier pour se recharger avant de repartir ?

Cela paraît encore futuriste. Mais il y a quelques années, porter autour du cou une caméra minuscule que l’on pouvait presque oublier paraissait déjà assez improbable.

On verra bien.

En attendant, filmez vos créations, vos balades, vos voyages, vos sessions ou simplement les scènes de vie qui vous entourent. Testez les angles, changez de point de vue et amusez-vous avec ces petites caméras.

Point In the Loop

Ce qui m’intéresse dans ces appareils n’est pas de devenir vidéaste ni de collectionner les caméras. C’est la liberté qu’elles donnent.

La GO 2 m’avait marqué parce qu’elle pouvait presque disparaître pendant que je peignais. Aujourd’hui, la GO Ultra reprend ce principe avec davantage de possibilités. Et si je devais explorer un autre format, le 360° m’attire particulièrement pour cette possibilité de capturer une scène entière avant de décider comment la montrer.

Finalement, c’est peut-être ça que je trouve le plus intéressant dans l’évolution de ces petites caméras : elles ne servent pas seulement à mieux filmer. Elles permettent de filmer autrement.

Laisser un commentaire

En savoir plus sur IndaLooop

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture