TEIGR — Du flop au wild, 20 ans de graffiti et toujours la même passion

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Du Sud de la France aux murs d’urbex, des terrains de son adolescence aux créations sur tablette, TEIGR cultive depuis le début des années 2000 un graffiti libre, instinctif et sans frontières stylistiques.

🎨 TEIGR, le graffiti sans règles fixes

Originaire du Sud de la France, TEIGR peint depuis le début des années 2000. Plus de vingt ans à explorer les lettres, les couleurs et les supports, sans jamais vouloir s’enfermer dans une seule manière de peindre.

Son terrain de jeu est vaste : flop, wildstyle, personnages, décors… Il aime toucher à tout.

Mais au fil des années, une préférence s’est affirmée : le semi-flop, une sorte de flop revisité, enrichi d’éléments wildstyle, d’artifices et parfois d’un personnage, idéalement un B-boy.

Chez TEIGR, rien n’est vraiment figé. Un mur sous un pont, une session en urbex ou une jam organisée ne produiront pas forcément la même peinture.

Tout dépend du lieu, de l’ambiance et de l’inspiration du moment.

J’essaie de ne plus avoir forcément de codes. Il peut très bien y avoir du rond avec du carré, une ombre déportée ou de la 3D. Je pense que c’est bien de se lâcher et de ne jamais faire le même lettrage, genre tampon.

Une philosophie simple : expérimenter, mélanger et surtout éviter la répétition.

✍️ Des feuilles de collège aux premiers terrains

Comme beaucoup de graffeurs de sa génération, tout commence sur les feuilles de cours.

Au collège, TEIGR griffonne ses premières lettres, observe les graffitis autour de lui et tente de reproduire ce qu’il découvre dans les terrains et les dalvans de sa ville.

À cette époque, deux magazines nourrissent particulièrement son imagination : Graffbombz et Innercity.

Des pages remplies de styles différents, de lettrages et de couleurs qui ouvrent de nouvelles perspectives.

C’est également au collège qu’il rencontre ADER2, aujourd’hui SFINX, ainsi que METEK et PESTO.

Les premières sorties s’enchaînent, les premiers tags aussi, avec les moyens du bord.

SFINX devient rapidement son binôme.

Avec SFINX, j’ai fait les 400 coups. C’était mon binôme de l’époque. On en a passé des sprays, que ce soit en dalvans ou en fresque. On ne s’arrêtait jamais, on ne pensait qu’au graff, sous rap et bédo.

Une époque de découverte, de complicité et de sessions à répétition, où le graffiti occupe déjà une place centrale.

🧱 Une passion qui accompagne toute une vie

Teigr / Sfinx

Depuis, TEIGR a changé de cadre de vie. Il a construit sa famille dans un environnement plus calme, mais n’a jamais abandonné la peinture.

Le graffiti reste une habitude, un besoin et surtout un espace de liberté.

Je n’en vis pas et je n’en ai pas forcément envie. Je préfère que ça reste mon échappatoire.

Au-delà des murs, cette passion lui a permis de multiplier les rencontres, de parcourir la France et de voyager notamment en Espagne et en Finlande.

Des années de peinture qui représentent bien plus qu’une succession de pièces : des lieux, des rencontres et des souvenirs.

📱 Du spray à la tablette graphique

La tablette lui offre une autre manière de travailler ses illustrations, avec une liberté presque illimitée dans le choix des couleurs.

Et quelques avantages pratiques qu’il résume avec humour : plus de gomme réduite en miettes sur la table, ni de mine de crayon cassée dix fois de suite !

Au-delà du confort, le numérique permet aussi de préparer des illustrations et de présenter des projets, notamment dans un cadre rémunéré.

Pour lui, la tablette n’efface pas le graffiti traditionnel. Elle vient simplement enrichir ses possibilités créatives.

📖 Un livre pour retracer 20 ans de graffiti

Finlande

Parmi ses projets, TEIGR travaille actuellement sur quelque chose qui lui tient particulièrement à cœur : retracer vingt années de graffiti dans un livre.

Une sortie est envisagée pour le début de l’année 2027.

L’objectif est de rassembler ses archives, ses peintures et une partie de son parcours sur un support durable.

Une démarche qui prend tout son sens après une mauvaise expérience avec un ancien disque dur, tombé en panne à la suite d’une chute et contenant de nombreuses archives.

Le livre devient alors une façon de préserver la mémoire de toutes ces années.

🎤 Le mot de la fin — TEIGR

Peu importe la technologie, que ce soit IA, casque virtuel, que ce soit tout de tête, fait main ou avec un bras bionique, l’essentiel c’est que cet art qui fait partie de ma vie perdure jusqu’à la fin des temps.

Allez, sur ce, bisous les fratelos, bonne peinture !

🟠 Point In the Loop — Le regard de YONE

Ce que j’apprécie dans le parcours de TEIGR, c’est cette volonté de ne pas enfermer le graffiti dans une seule façon de faire.

Du flop au wildstyle, du spray à la tablette, il garde la même liberté d’expérimenter.

Et son projet de livre rappelle aussi quelque chose d’important : derrière toutes ces peintures, il y a des années de souvenirs, de rencontres et d’archives qu’il faut réussir à préserver.

Le support évolue, les outils changent, mais la passion reste.

Longue vie au graffiti !

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