BIPE — NSK / 3AD, le vandal comme médicament

Bipe 2025

Originaire de Sevran, Bipe découvre le graffiti au milieu des années 90, lorsqu’il arrive au collège Notre-Dame de la Gare, dans le 13e arrondissement de Paris.

À l’époque, il débarque de banlieue et connaît encore peu l’univers parisien. Au collège, les rencontres vont rapidement faire le reste : Cale, Kerto, Yone, Caro et Lune font partie de ceux avec qui il sympathise. C’est là qu’il découvre véritablement le tag et le graffiti.

Une histoire commencée en 1995/1996, interrompue au début des années 2000, puis reprise près de vingt ans plus tard avec, selon lui, exactement la même envie.

« Je suis retombé dedans en 2020/2021, mais toujours avec la même dalle d’antan. »

Fiane Erp Bipe Fiane

Du 13e à NSK

Dans ces années-là, Breda, le frère de Cale, crée le crew NSK, puis le collectif La Filière / F l’ékip.

Hole et Coler rejoignent rapidement l’aventure, puis Lacre, Takee, Loscar et d’autres. Pour Bipe, cette période reste associée à une pratique du graffiti directement liée à la rue et aux transports parisiens.

Bipe Hole

Gravures sur vitres, trains, rames, tunnels, virées et sessions improvisées : il évoque une époque beaucoup plus brute, faite autant de peinture que de moments vécus ensemble.

« Sacrés bons délires à l’époque. New York à mort mon gars. »

Le graffiti de Bipe vient de là. Et aujourd’hui encore, il ne cherche pas vraiment à le faire entrer dans une autre catégorie.

Bipe Hole

« Que du vandal »

Bipe est assez clair lorsqu’on lui demande de définir son travail :

« Je suis pas un artiste, je fais pas de street art, ni d’art ni rien. Que du dalvan. »

Pas de volonté de transformer sa pratique en démarche artistique institutionnelle. Ce qu’il recherche reste l’énergie du graffiti vandal, son environnement underground et cette manière particulière de peindre sous pression.

« Ça peint que sous pression. »

C’est cette dimension qui continue de l’attirer aujourd’hui.

Vingt ans plus tard, toujours la même dalle

Après avoir arrêté autour de 2001/2002 — « le graff c’est beau mais à un moment donné faut faire du biff » — Bipe reprend finalement la peinture autour de 2020/2021.

Entre-temps, la vie a évidemment changé. Il entreprend, voyage et garde cette partie de son parcours dans la sphère privée. Mais lorsqu’il revient au graffiti, quelque chose est resté intact.

« Quand je sors peindre, c’est comme un médicament… ça me soigne. »

NSK continue ainsi de vivre à Paris avec notamment Hole, Yone, Tonto, Bebar, Heos, Lacre et Honde, mais également bien au-delà : Coler, Ahmer, Wiser et Wolf au Canada, ou encore Dutek au Mexique.

Bipe

Bipe représente également 3AD / 3AD Society, un autre crew auquel il reste particulièrement attaché.

Et lorsqu’il peint, on le retrouve principalement avec les mêmes proches : Dees, Hole, Erp, Dibz, Make, Tonto, Pime, sans oublier un big up appuyé à F2M.

Erp Dees Bipe Make

Pas besoin d’en faire plus

Presque trente ans après ses premiers pas dans le 13e, Bipe ne cherche donc pas à réinventer ce qui l’a amené au graffiti.

Le contexte a changé, les vies aussi. Mais l’envie de sortir peindre, les crews et les amitiés restent au centre.

Et lorsqu’on lui demande finalement ce qu’il aimerait ajouter, la réponse résume plutôt bien le personnage :

« Big up à tout le monde et surtout calmez-vous… C’est que du Graff !!! »

BIPE — NSK / 3AD

Instagram :
@mobb_beeep · @nskallstar · @3adsociety


Point In the Loop — Yone

Bipe, pour moi, c’est d’abord un vrai personnage du graffiti et un membre de NSK à part entière.

Quand on était jeunes, il était vraiment très actif. Il m’a même choqué plusieurs fois par ce qu’il faisait et par la manière dont il vivait le graffiti à l’époque.

Il y a eu ensuite une grosse période de break. Mais ce que je trouve particulièrement fort, c’est la façon dont il est revenu. Il a repris avec une telle énergie et une telle régularité qu’aujourd’hui, quand je regarde son activité et tout ce qu’il a fait depuis son retour, j’ai presque l’impression que cette pause n’a jamais existé.

Il est aussi resté connecté à des artistes et des graffeurs que je respecte beaucoup, donc pour moi tout ce qu’il fait aujourd’hui est complètement cohérent avec son parcours.

Et au-delà du graffiti, Bipe reste surtout mon bro de jeunesse. On ne se voit pas forcément souvent, les vies avancent et chacun suit son chemin, mais ça ne change rien à ça.

Le voir revenir aussi fort après toutes ces années, forcément, ça me fait plaisir.

Bipe Yone

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